J'ai créé ce blog lors de la sortie de mon livre "Les Indispensables mathématiques
et physiques pour tous", Odile Jacob, avril 2006 ; livre republié en poche en octobre 2011 (achat en ligne) (sommaire du livre).
Je développe dans ce blog des notions de mathématiques et de physique à destination du plus large public possible, en essayant de susciter questions et discussion:n'hésitez pas à laisser vos commentaires!
Indispensables astronomiques
Avril 2009, pour l'Année mondiale de l'Astronomie, sortie de mon livre "Les Indispensables astronomiques et astrophysiques pour tous" (éditions Odile Jacob). Comme mon premier livre
(2006, colonne de gauche ci-contre), c'est un livre de notions de base illustrées avec des exemples concrets, s'appuyant sur les mathématiques (géométrie notamment) pour l'astronomie, et sur la physique pour
l'astrophysique.
Un peu de réflexion, un problème (qui sera à tiroirs) soumis à votre sagacité. Les problèmes de
"chemin le plus court" sont toujours intéressants, pour nous sortir du cadre naturel qu'est la droite (certains parleront de "chemin le plus rapide", je préfère chemin le plus court - en temps) -
voir un tel problème dans ce blog déjà. Soit un cavalier situé en A, il veut se rendre en B, avec une contrainte, celle d'aller faire boire
son cheval à la rivière (en bleu) en chemin. Saurez-vous proposer ce chemin le plus "court" ?
Rajoût Ajout: attention quelqu'un a trouvé la solution en commentaire -
si vous voulez chercher ne regardez pas les commentaires !
Non, ce n’est pas un billet pour un régime minceur, mais un thème savoureux issu des « Problèmes plaisants et
délectables qui se font par les nombres » (Bachet de Méziriac, 1612). D’ailleurs, sans que je le susse, un de mes précédents billets (le tour des 21 cartes) était dans ce recueil. Un cador, ce Bachet (1581-1638), injustement éclipsé par Bezout né cent ans après sa
mort.
Etant donnée telle quantité que l’on voudra pesant un nombre de livres depuis 1
jusques à 40 inclusivement (sans toutefois admettre les fractions), on demande combien de poids pour le moins il faudrait employer à cet effet.
Ou : Trouver une série de poids avec lesquels on
puisse faire toutes les pesées en nombre entier depuis 1 jusqu ‘à la somme des poids employés, cette somme étant la plus grande possible relativement au nombre de poids.
S’il n’y a que deux poids a et b, mettons a < b, on peut certes peser b + a, mais on doit aussi peser b + 1 qui lui est
inférieur ou égal ; donc a = 1 : s’il n’y a que deux poids, l’un d’eux est forcément 1.
Le poids suivant est 3 : car avec 3 l’on pèse aussi 2 (3 d’un côté de la balance, 1 de l’autre coté) et 4. Tandis qu’avec 2 (et 1 qu’on a déjà) on ne peut peser 4, donc 3 est plus avantageux.
D’autre part on ne peut sauter à 4 dès le deuxième poids, car avec 1 et 4 on aurait certes 3 (4 d’un côté de la balance, 1 de l’autre coté) mais il serait impossible d’avoir 2. Il en va de même
pour tout poids supérieur à 4, qui ne permet pas de peser 2, même par différence. Donc le second poids est 3.
De proche en proche on peut ainsi démontrer que les quatre premiers poids sont 1, 3, 9, 27 : ce sont ces quatre
poids qui permettent d’aller jusqu’à 40 (égal à 27 + 9 + 3 + 1) et de résoudre le problème posé par Bachet. Sachant qu’on peut peser par différence entre les plateaux, par exemple 19 se pèse avec
27 et 1 d’un côté, 9 de l’autre.
La solution générale est, on l’a compris, les poids de type 3n ; les n premiers permettent de peser
jusqu’à S = 1 +…+ 3n ; le poids suivant dont on a besoin pour peser est 2S+1, on obtient alors tous les poids entre (S+1) et (2S+1) par différence de pesée sur les
plateaux.
Or, S = ½ (3n+1 – 1) (multipliez par 3 : 3S = S +3n+1 – 1) : et donc le poids
suivant (2S+1) c’est bien 3n+1; S étant la dernière pesée possible avec les n premiers poids, on a besoin du poids suivant pour continuer ; ainsi la pesée suivant S, soit ½
(3n+1 +1) s’obtient en mettant 3n+1 d’un côté, tous les autres poids de l’autre [on pèse 3n+1 – S = ½ (3n+1 +1) ]
Un délicieux problème dont je ne vous donne ici que la saveur, vous le lirez bien mieux décrit dans le livre du sieur
Bachet que vous trouverez sur Internet (Edition Gauthier-Villars 1884, bibliothèque CNAM, page 154), mais dont
j’aimerais bien avoir l’édition originale de 1612 entre les mains !
Sauf erreur de ma part – je n’ai toutefois rien vu sur cette comparaison – ce problème est analogue à celui du minimum de
billets ou de pièces de monnaie : trouver un système monétaire qui minimise le nombre de pièces différentes – [à ceci prêt qu’on peut avoir plusieurs pièces de 1, 3, 9, etc dans son
porte-monnaie]. Mais il est vrai que payer 19 euros à un commerçant en lui tendant une pièce de 27 et une pièce de 1 serait certes pédagogique mais guère commode !
On a du mal à se convaincre que 0,99999...... = 1 (en tout cas j'ai moi du mal à m'en
convaincre) ; c'est ce qu'on appelle un développement décimal illimité impropre. Le nombre 1 possède deux développements décimaux illimités
1,0000000.... et 0,9999999...., le second bien qu'impropre donne bien 1 : tous les informaticiens vous le diront (puisque l'ordinateur ne manipule pas un nombre de chiffres infini après la
virgule) ; les mathématiciens philosophes vous diront « mais oui, cela vaut bien 1, il s'agit de conceptualiser ce que représente une suite infinie de chiffres ! » ; les
mathématiciens non philosophes, adeptes de travaux pratiques, poseront X = 0,99999...., ils feront 10X = 9,999999...= 9 + X donc X = 1.
Pourtant on n'a aucun mal à se représenter que 1/3 = 0,333333..... là, le développement
décimal illimité est propre (c'est le seul qui convient), mais la chose n'est pas fondamentalement différente. C'est-à-dire qu'on se voit mieux, expérimentalement, en travaux pratiques, faire la
division à la main, abaisser les 0 après les 1, écrire les 3, etc.
Si vous aimez les TP de maths, et ne jurez que par les opérations, partez du résultat que vous avez trouvé après votre division 1/3 =
0,33333.... . Multipliez cette équation par 3 (encore une autre opération, vous êtes d'accord de la faire ?) ; vous obtenez... quoi : 1 = 0,999999.... Je vous l'avais bien dit,
non ?
A propos de ce terme « impropre », en mathématiques (ici le développement décimal
impropre), m'est revenue une anecdote salace pour la rentrée. Le professeur de MathSup rend les copies, et en grand au stylo rouge en haut de la copie, je vois la note et le
commentaire :
« Attention une intégrale peut être impropre par les deux
bouts ! »
Ce prof n'était pourtant pas un rigolo. Pas inventé, je crois même que j'ai encore la copie.
On connaît la
forme de la cycloïde (figure) qui correspond à la courbe décrite par un point fixe sur un cercle qui roule sans glisser sur un plan. Pascal et
Mersenne s’étonnaient que les Anciens n’aient pas découvert cette courbe : de fait, c’est au XVII° siècle qu’elle va être " découverte " et caractérisée. Nous l’étudierons
prochainement du point de vue de la physique, car c’est une courbe qui possède des propriétés naturelles intéressantes. En attendant, pour vous mettre en haleine, une petite devinette
physico-mathématique : soit une boule de billard frappée à une vitesse V (donc lancée dans un mouvement de rotation sans glissement sur le tapis), peut-on exprimer en fonction de
la vitesse V la longueur entre deux points de rebroussement de la cycloïde, c’est à dire la longueur AB ?
J’aime bien ces petits problèmes, qui comme celui du courant et du contre-courant, mélangent
mathématiques et physique, obligent à réfléchir à la physique du sujet avant de la traduire dans la mathématique.
Voilà le problème des concombres : ils contiennent 99% d’eau. On fait reposer 500 kilos de concombres pendant la
nuit. Le lendemain ils ne contiennent plus que 98% d’eau : quel est alors leur poids ?
Vous mettez la réponse en commentaire ?
[de Paul Halmos, mathématicien et vulgarisateur hongrois (1916-2006, voir Problèmes pour mathématiciens,
petits et grands, Editions Cassini) ; cité par Tangente, novembre 2006].
Mon dernier ouvrage est sorti le 14 octobre 2010 : Récréations mathéphysiques (éditions Le Pommier) (détails sur ce blog)
Einstein, un siècle contre lui
J'ai aussi un thème de recherche, l'alterscience, faisant l'objet d'un cours que j'ai professé à l'EHESS en
2008-2009 et 2009-2010. Il était en
partie fondé sur mon second livre, "Einstein, un siècle contre lui", Odile Jacob, octobre 2007, livre d'histoire des sciences (voir billet sur ce blog, et notamment ses savoureux commentaires).
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