Lundi 16 octobre 2006
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La visite récente d’une exposition d’art (très) contemporain, Dan Flavin, m’a fait m’intéresser au « tube au néon ».
Appelons cela savamment les « tubes à décharge de gaz rares », et notons qu’il en existe principalement deux types, à usages d’ailleurs différents :
1. Le tube contenant effectivement du gaz néon, tube utilisé dans les enseignes lumineuses.
2. Le tube contenant du gaz argon et/ou des vapeurs de mercure, utilisé dans l’éclairage domestique (cuisines) ou industriel (ateliers, bureaux,…)
Les deux types de tubes utilisent le même procédé, à savoir une illumination du gaz par ionisation et décharge électrique provoquée toutes les 1/50°s. Cette fréquence est telle que l’œil perçoit une lumière continue, sauf justement quand le tube est usé, la fréquence diminue, et le « néon » fait mal aux yeux.
Les deux types de tubes utilisent aussi un gaz rare :
1. dans un cas le néon Ne10 (découvert en 1898), dont la décharge donne une lumière rouge caractéristique, d’où son utilisation dans les enseignes lumineuses publicitaires.
2. dans l’autre cas l’argon Ar18 (découvert à la même époque, mais en fait beaucoup plus courant dans l’air). L’argon, mélangé à des vapeurs de mercure, stimulé par une décharge, émet une lumière qui est à la fois dans le haut du spectre visible, bleue, et au-delà dans le spectre ultraviolet : cette énergie lumineuse non visible est restituée sous forme de lumière visible par une couche de matériaux fluorescents (silicates et aluminates) qui recouvre l’intérieur de la surface du tube. La fluorescence (chapitre 15 de mon livre) est la capacité de certains matériaux à convertir de la lumière ultraviolette en lumière visible.
En français il y a un certain abus de langage à appeler néon les deux types de tubes. Sans doute parce qu’après la brillante découverte des gaz rares (néon, argon, krypton) par les chimistes anglais, Sir W. Ramsay en tête, à la fin du XIX° siècle, c’est en 1910 qu’un ingénieur chimiste français, George Claude (1870-1960), met au point industriellement le premier tube au néon (au sens 1) et crée son entreprise d’enseignes lumineuses.
Enfin, last but not least, si l’on remonte légèrement plus dans le temps, c’est le même principe de tube à décharge (mais remplis d'air, pas de gaz rare avant 1895) qui a joué un rôle important dans le développement scientifique de la fin du XIX° siècle, puisque ce sont les fameux « tubes de Crookes » qui permettent de mettre en évidence les électrons, les rayons X…
Sur l'effet visuel, j'ai pu remarquer que le fait d'être plongé dans une salle remplie de ces tubes au cours de l'expo pouvait altérer ensuite, pendant quelques secondes, la perception des couleurs. Je m'explique: il y avait une sorte de petite pièce remplie de néons de couleurs. Pour arriver à cet endroit, il fallait passer par un "couloir" rempli de néons blancs. Une fois sorti de la pièce, le même couloir semblait alors recouvert de néons non plus blancs mais violets. Je me demandais si cet effet était explicable, voir même voulu par l'artiste, ou si j'ai simplement des problèmes de vue !!!
Bonjour,
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Bonne continuation
Bonjour,
Il y a une erreur dans votre descriptif des différents "néon"
Le tube néon pour enseigne, est effectivement composé de néon pur, mais ne donne que du rouge, le mélange argon/néon/mercure donne les autres couleurs.
Le tube fluo appelé par erreur tube néon pour nos bureaux, est composé de fréon et d'autres gaz,mais pas de mercure!!!!!
Renseignez vous avant d'écrire n'importe quoi!!!
Bien à vous
Le néon donne la couleur rouge dans les enseignes lumineuses - c'est bien ce que je dis. Et je confirme qu'il y a bien des vapeurs de mercure dans les gaz d'éclairage, y compris dans les nouvelles lampes fluorescentes objet des circulaires européennes. Quant au fréon, c'est comme son nom l'indique un gaz réfrigérant - ce n'est pas un élément simple, gaz rare comme le néon ou l'argon, et je ne vois pas ce qu'il aurait à faire dans l'éclairage des tubes ! Merci par ailleurs de bien vouloir modérer vos propos, et en tout état de cause de l'intérêt porté à ce blog. A.M.