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CouvPocheIndispensables
J'ai créé ce blog lors de la sortie de mon livre "Les Indispensables mathématiques et physiques pour tous", Odile Jacob, avril 2006 ; livre republié en poche en octobre 2011 (achat en ligne) (sommaire du livre).
Je développe dans ce blog des notions de mathématiques et de physique à destination du plus large public possible, en essayant de susciter questions et discussion: n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

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Indispensables astronomiques

Nouveauté octobre 2013, mon livre "Les Indispensables astronomiques et astrophysiques pour tous" est sorti en poche, 9,5€ (éditions Odile Jacob, éidtion originale 2009). Comme mon premier livre (Les Indispensables mathématiques et physiques), c'est un livre de notions de base illustrées avec des exemples concrets, s'appuyant sur les mathématiques (géométrie notamment) pour l'astronomie, et sur la physique pour l'astrophysique. Je recommande vivement sa lecture.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 05:17

J'ai décidé de me lâcher sur la sociologie des sciences. Je ne suis pas le seul à ne pas goûter à sa juste valeur cette discipline. Je voulais vous donner un petit exemple amusant, à la Sokal . Il est issu de ce qui se présente comme un véritable manuel universitaire de sociologie des sciences (je ne donnerai pas le nom de l'auteur), en format "manuel" avec une bibliographie et des "exercices" à la fin de chaque chapitre. En voici un parmi d'autres, je vous le laisse faire (page 134 du manuel) :

 

 

Évaluer l’extension d’une conviction scientifique, par exemple celle selon laquelle « U = R.I ». Parcourir différents espaces sociaux et voir jusqu’où s’étend cette croyance et si elle est la même partout : voir ainsi des physiciens fondamentalistes, des ingénieurs d’EDF, des électriciens de quartiers et des lycéens.

 

Texto. No comment. Si, un : j’aime bien l’épithète fondamentalistes qui accentue la métaphore religieuse.
Ohm(image WikiCommons, auteur pulsar pour la partie centrale, adaptée par moi)

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Published by Alexandre Moatti - dans Science & société - science
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commentaires

steph 21/11/2012 13:50


Bonjour,


Intéressant de constater que finalement, la question posée sur les différentes formes de représentation de la "loi" d'ohm dans différentes communautés ne semblent pas passionner ici... un lycéen
n'aura pourtant pas la même vision "simpliste" et idéale de la loi d'ohm qu'un personnel technique d'edf ayant un contact empirique avec le domaine ou qu'un physicien ayant un contact très
théorique. En cela, tout le monde pense parler de la même chose, mais les modèles du monde ne sont pas les mêmes : parler de croyance n'est donc pas choquant.

T.Rataud 08/09/2012 12:58


Correction ortho :  "interviewer" un physicien plutôt ou lui poser une question...

T.Rataud 08/09/2012 12:20


Certaines lectures de cet exercice me semblent vraiment charitables ! Indépendamment de sa terminologie, il pose tout de même de sérieux problèmes à qui voudrait l'effectuer. Comment
parcourt-on des espaces sociaux tels que ceux qu'il évoque ? (Va-t-on se plonger dans un manuel de prépa ? Traquer la loi d'Ohm dans un article de recherche ? Interwiever un
physicien lors d'une fête de la science ? Se rendre chez son électricien du coin ? Le regarder sortir sa calculette lorsqu'il installera notre cuisinière ?...) Pourquoi ces espaces-là
 a priori ? Et puis, à supposer que l'on ne se perde pas en route, ce que l'on aura collecté sera pertinent quant à l'extension d'une conviction scientifique, c'est cela que nous
aurons appris chemin faisant?


Cet énoncé donne plutôt une impression de vite fait, pas très pensé. Un peu posé : C'est à dire quelques termes employés de manière à lui donner un vernis disciplinaire, mais peu d'égard
pour l'étudiant(e) qui le prendrait au sérieux.


Le choix de n'en pas donner les références me semble plutôt sain. Si nous voulons vraiment savoir comment le bouquin est fait, comment l'exercice est amené, le numéro de page et une bonne (ou
vaste) librairie suffiront. Les fournir d'emblée aurait donné un ton déplaisant à cette note de blog tandis qu'elle a gardé celui d'une incrédulité vivifiante. C'est une note de blog
hein ! Ce n'est pas une thèse avec références obligées.


P.S. le s à "quartiers" m'intrigue.

TMJ 01/05/2012 14:15


Sur la question de Sokal, nous sommes en désacord (mais c'est de peu d'importance) Par contre, j'insiste sur le fait qu'il faille absolument "citer ses sources", tout simplement parce que c'est à
la base de la conception "moderne" des sciences. De même que dans les sciences "de la nature" on doit donner tous les éléments, les épreuves, les expériences qui ont permis d'arriver à un
résultat. De même dans les sciences sociales et historiques on doit donner les références des textes que l'on cite. Je ne comprend pas votre difficulté : en quoi est ce un probléme de donner la
référence exact de ce "manuel" ?

TMJ 29/04/2012 18:36


Je suis moi même dans ces satanées "sciences molles" (commes mes confréres de sociologie des sciences) et je m'intéresse plutôt à la communication des sciences...


Cet article appelle  plusieurs remarques


Premiérement vous ne citez pas vos sources (et la référence compléte du bouquin en question. Or dans les "sciences molles" c'est rédhibitoire. Un peu comme si vous écriviez un article de physique
sans expliquer les conditions de réalisation des expériences qui vous permettent de vérifier vos contenus...


Plusieurs personnes font remarquer que pour parler de sociologie des sciences, il faut avoir une connaisance "pratique" des sciences. Mais cela n'implique pas que je doive avoir les connaissances
scientifiques d'un scientifique du domaine étudié. Si j'étudie la "sociologie d'un atelier de bicyclette", suis je tenu de savoir réparer de A à Z un biclou ? Je pense que non. Mais je dois
savoir ce qu'est une bicyclette, comment elle marche, pourquoi on viens voir un professionnel et pas faire le travail soi même etc Le savoir technique d'un scientifique demande plusieurs années
d'études et d'application. Mais c'est vrai aussi pour un sociologue (ou un spécialiste de la communication des sciences)  Un scientifique n'a en général aucune idée de comment sa découverte
va être utilisée, comment on va en parler dans les différents domaines qui nécessitent son travail, comment ils vont être traduit selon les milieux considérés (le grand public va en avoir une
version qui peut être trés différente de celle d'une entreprise qui pense pouvoir commercialiser une application viable, les "journalistes scientifiques" peuvent y rajouter leur "apports", etc.


C'est tout le probléme d'un livre comme celui de Sokal, qui se livre sur l'oeuvre des "philosophes français" au même eu de massacre auquel se livrent les tenants du "post modernisme"


Mais déja donnez les références du manuel qu'on puisse en discuter sérieusement, qu'on voit les passages incriminés mais aussi comment ceux ci s'inscrivent dans le cours général du bouquin, etc


 

Alexandre Moatti 30/04/2012 15:17




Vous me dites qu’en sciences humaines les références sont indispensables – oui, bien qu’ayant moins de
pratique que vous, je fais un peu de sciences humaines via l’histoire des sciences ou des idées.


Mais je n'ai pas l'intention de citer la source : car je n'ai pas envie de stigmatiser un auteur
particulier.


Alors sans doute, ne puis-je pointer du doigt  LA sociologie des sciences sans citer l’auteur en
question : vous avez raison là-dessus. Cependant ici la notion de contexte ne joue pas : l’ « exercice » de sociologie des sciences que j’ai trouvé est détaché du reste
du texte, comme je l’indique.


Sur Sokal, je ne partage pas votre avis – mais je connais certains amis mathématiciens qui ont le même
avis que vous. Pour moi, Sokal ne remet pas en cause l’œuvre de Derrida, Debray, etc. il s’élève simplement contre leur utilisation d’analogies scientifiques. Il ne se prononce pas sur la
validité de leur œuvre philosophique ou sociologique.


 


A.M.


 






AlexM 12/04/2012 09:37


@merle @bcy, à propos du terme "croyance" : admettons que ce terme ait une signification particulière en sociologie, c'est sa transposition au domaine des
sciences qui pose problème. Car la science a cette frontière un peu particulière avec la religion - et cette transposition sémantique me paraît malvenue. En sociologie hors sciences,
l'utilisation du terme choque moins : exercice : "évaluez comment est répandue la croyance selon laquelle F. Hollande est de gauche". Dès qu'on aborde le domaine des sciences, l'utilisation
du  terme "croyance" est plus délicate.


Par ailleurs, pourquoi l'auteur utilise-t-il successivement, dans la même phrase, "conviction" et "croyance" - si ce dernier terme était si balisé que vous le
dites ?


A.M.

Barraki 11/04/2012 23:11


@merle : pour le terme croyance, je ne suis pas sûr. Il est tout de même un peu choquant parce qu'ici, on s'attendrait plutôt à dire "connaissance".


 


Par ailleurs, la loi d'Ohm n'est pas qu'empirique. Elle peut se démontrer à partir des équations de Maxwell. En sachant, bien entendu, quelle approximation on fait. Bien entendu aucun objet
physique n'est une résistance, une capacité ou une inductance idéale. Mais on peut quand même décrire un circuit en utilisant des composants parfaits — une bobine réelle est représentée par une
inductance et une résistance idéales (parallèle ou série, je sais plus).


 


Un autre moyen de montrer que la loi d'Ohm est forcément une approximation du premier ordre : la résistance est fonction de la température. Or une résistance chauffe quand elle est traversée par
un courant. Donc, U=RI est vrai, mais R n'est pas une constante, elle dépend de I.


 


Mais votre remarque m'inspire une question : ces sociologues des sciences, font-ils la distinction entre les différents statuts de certaines lois physiques ? Pex, sont-ils conscients de la
différence de statut entre la loi de Titius-Bode et la loi de la gravitation newtonnienne ? C'est une autre expérience à faire.

Alexandre Moatti 12/04/2012 09:30



Merci Barraki de vos apports, toujours intéressants. C'est justement ce que vous décrivez, le rapport entre expérience et théorie, la façon dont on déduit Ohm de
Maxwell, les approximations successives, qui fondent la démarche scientifique elle-même. C'est ce qui échappe totalement à la sociologie des sciences, qui n'entre pas dans la matière.
A.M.



Barraki 11/04/2012 18:49


J'ai un petit jeu à proposer : trouver un sociologue des sciences, et lancer un débat avec lui sur ce sujet, alors qu'il est devant son ordi. Ou pour être plus large, sur les équations de
Maxwell. S'il défend que les équations de Maxwell sont un dogme des ayatolahs de la physique, arrachez la prise de son ordi. Eh, s'il pense que les équations de base de l'électromagnétisme sont
une croyance, comment pourrait-il être sûr qu'il y a un lien entre ce morceau de métal et la lumière émise par son écran ?

Nicobola 11/04/2012 16:33


Si on excepte les tournures de phrase étranges ("fondamentaliste" et "croyance", mais ce deuxième terme a été bien expliqué dans les commentaires précédents) je ne trouve pas ça choquant non
plus. Peut-être est-ce de la provocation (il semble que les sociologues des sciences aiment ça) ? Maintenant il faudrait savoir si les étudiants visés sont à même de discerner la provoc' ou pas.
Sinon les sociologues des sciences ne font pas tous des remarques comme ça hein ^^

bcy 11/04/2012 13:02


@merle


Je crois que l'auteur du manuel voulait dire « chercheur en physique fondamentale »

Alexandre Moatti 11/04/2012 14:16



Oui j'avais compris, vous vous en doutez - mais ce "lapsus" est intéressant. A.M.



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