Les indispensables mathématiques et physiques
Lors de la journée d’inauguration de la Fondation Sciences mathématiques de Paris, a eu lieu une conférence Traitement
de l’information par Roberto Di Cosmo, ancien élève de l’Ecole normale supérieure de Pise, professeur à l’université Paris Diderot. Il donne un argument original en faveur des logiciels libres,
que je résume comme suit. La démarche du logiciel libre, c’est la :– Possibilité d’utiliser librement les logiciels.
– Possibilité d’accéder aux sources du logiciel et de les modifier.
– Possibilité de distribuer le logiciel.
– Possibilité de distribuer les nouveaux logiciels obtenus à partir du logiciel initial.
Ce spécialiste des relations entre mathématiques et informatique compare cela à la démarche mathématique :
– Possibilité d’utiliser les théorèmes d’autrui.
– Possibilité de comprendre le raisonnement d’autrui, de l’améliorer, par ailleurs d’obtenir de nouveaux résultats.
– Possibilité de faire connaître les théorèmes d’autrui.
– Possibilité de faire connaître ses propres résultats.
Di Cosmo conclut ainsi : « La démarche du logiciel libre est directement transposée de la démarche mathématique. Si nous acceptons l’une, acceptons l’autre ».
Mer 3 oct 2007
3 commentaires
Les mathématiciens qui décident de collaborer sur un problème commun bénéficient de revenus provenant de leur professions (enseignement, recherche). D'où proviendraient les revenus des concepteurs de logiciels? Allons-nous créer une nouvelle catégorie de fonctionnaires-programmeurs-concepteurs de logiciels?
Herve Kabla - le 30/09/2007 à 19h05
Hervé, mon propos était purement scientifique, ce qui était intéressant dans le discours de Di Cosmo, c'est qu'il comparait la démarche mathématique et la démarche du logiciel libre.
Mais tu as raison de nous remettre dans l'économie. Les concepteurs de logiciel libre (comme les bloggueurs dont nous sommes !) n'y trouvent-ils pas leur intérêt en termes de reconnaissance, d'accomplissement ?
Allant plus loin que Di Cosmo, je force le trait sur son parallèle : peut-on comparer l'histoire (récente) du logiciel libre à celle des mathématiques il y a quatre siècles, où des Fermat (magistrat du roi à Toulouse) ou des Mersenne (religieux) assuraient eux aussi leur subsistance par ailleurs, indépendamment de leur intérêt pour les mathématiques ? N'est-il pas permis d'espérer ?
A.M.
Mais tu as raison de nous remettre dans l'économie. Les concepteurs de logiciel libre (comme les bloggueurs dont nous sommes !) n'y trouvent-ils pas leur intérêt en termes de reconnaissance, d'accomplissement ?
Allant plus loin que Di Cosmo, je force le trait sur son parallèle : peut-on comparer l'histoire (récente) du logiciel libre à celle des mathématiques il y a quatre siècles, où des Fermat (magistrat du roi à Toulouse) ou des Mersenne (religieux) assuraient eux aussi leur subsistance par ailleurs, indépendamment de leur intérêt pour les mathématiques ? N'est-il pas permis d'espérer ?
A.M.
Alexandre Moatti
Ce qui m'a plu aussi chez Di Cosmo c'est sa conclusion sur trois défis à remplir :
- les logiciels libres peuvent susciter de nouveaux champs de recherche (gestion des mises à jours par exemple)
- la formation des ingénieurs de demain doit changer pour s'adapter à la complexité grandissante des logiciels (y compris libres)
- et surout, l'Europe doit oeuvrer pour retenir les créateurs de valeurs (issus du monde "libre") et avoir aussi dans le domaine des success story (l'Europe a plein de développeurs dans le libre mais peu de valorisation)
- les logiciels libres peuvent susciter de nouveaux champs de recherche (gestion des mises à jours par exemple)
- la formation des ingénieurs de demain doit changer pour s'adapter à la complexité grandissante des logiciels (y compris libres)
- et surout, l'Europe doit oeuvrer pour retenir les créateurs de valeurs (issus du monde "libre") et avoir aussi dans le domaine des success story (l'Europe a plein de développeurs dans le libre mais peu de valorisation)
David - le 05/10/2007 à 12h04
Dans ce cas, si l'on veut retenir les créateurs de valeur dans le domaine du libre, pitié : que ce ne soit pas par un "pôle de compétitivité du logiciel (libre)" ! Celui-ci est probablement bien plus efficace quand il est distribué et émane de tous les acteurs de la vie publique, grands ou petits...
Enro - le 08/10/2007 à 07h24