Les indispensables mathématiques et physiques

Pour se détendre, hop, un problème de prisonniers (rappelé par le logicien J.Y. Girard au passage dans un article « Science et obscurantisme »). Deux prisonniers, seul l'un d'entre eux aura la vie sauve s'il répond correctement. Ils ont chacun un point - blanc ou noir - sur le front, ils voient la couleur du point sur le front du collègue mais pas sur le leur, et ils savent qu'au moins un des deux points est blanc. Donc la vie sauve pour celui qui devine quelle est la couleur de son point. On commence par le prisonnier A. Il passe car il a vu un point blanc sur le front de son collègue et donc ne peut conclure. Le prisonnier B, voyant que son collègue passe, en déduit que son propre point est blanc et gagne la vie sauve. Mais le sel de l'histoire est dans la variante : le prisonnier A passe, B dit que son propre point est blanc (comme ce qui précède) mais est néanmoins exécuté... parce que A est un crétin qui a vu un point noir sur le front de l'autre, mais n'a pas su conclure : la vie sauve pour A, ou la prime à la c..., en quelque sorte.

Mar 12 mai 2009 9 commentaires
Délicieusement absurde. Comme quoi la logique mathématique n'est pas déterministe, elle n'inclue pas l'état d'Ame...fusse-t'elle celle d'un crétin !
Soft@ge - le 12/05/2009 à 23h19
dans la variante, on peut aussi voir A comme un gars super machiavélique qui a roulé l'autre dans la farine (pour le plaisir, en plus d'avoir la vie sauve - car il aurait pu répondre que son point était blanc directement...)
ice - le 15/05/2009 à 14h04
Oui, bien vu ! Ce serait alors "Deux prisonniers dont un pervers" - mais alors il prend un risque que l'autre soit un crétin, non ? A.M.
Alexandre Moatti
Rien n'est plus dangereux qu'un ignorant ami
Mieux vaut un sage ennemi

Je crois que c'est la morale d'une fable de La Fontaine. 
Herve Kabla - le 26/05/2009 à 23h33
Oui, il semblerait que ce soit extrait de la fable "L'Ours et l'amateur de jardins". Merci de cette touche littéraire. A.M.
Alexandre Moatti
La bêtise pour A eut été de répondre en se trompant, exactement ce que B a fait.
ecjs - le 06/06/2009 à 17h35
C'est trop facile ! Il suffit de passer pour avoir la vie sauve ?
Philippe - le 23/06/2009 à 21h51
Dans le premier cas (sans crétin), le prisonnier A améliore ses chances de survie en répondant au hasard au lieu de passer, il a ainsi une chance sur deux d'avoir la vie sauve. En passant, il se condamne à coup sûr puisqu'il offre au prisonnier B de se sauver. Il faut rajouter une condition de bonne moralité et d'altruisme des prisonniers...
Philippe - le 24/06/2009 à 12h55
Bon, je suis collégien et je lis votre livre "les indispensables...".
Dans ce problème, ce qui me pose problème c'est le groupe de mots "il passe", rassurez-moi cela signifie "il est exécuté"?  
weixx - le 07/07/2009 à 14h41
"Passer" c'est comme dans un jeu de cartes (bridge ou autre), il ne donne pas de réponse et attend le tour suivant. J'espère que ceci vous éclaire. A.M.
Alexandre Moatti
Ou alors c'est qu'il (le prisonier A) a eu juste et est passé saint et sauf?
weixx - le 07/07/2009 à 16h33
Oups! Je crois que j'ai compris... enfin le prisonnier A passe devant la cellule du prisonnier B, n'est-ce-pas? Et comme A n'a pas sûe conclure... il a mis B en danger de mort.
wxx - le 08/07/2009 à 02h25