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CouvPocheIndispensables
J'ai créé ce blog lors de la sortie de mon livre "Les Indispensables mathématiques et physiques pour tous", Odile Jacob, avril 2006 ; livre republié en poche en octobre 2011 (achat en ligne) (sommaire du livre).
Je développe dans ce blog des notions de mathématiques et de physique à destination du plus large public possible, en essayant de susciter questions et discussion: n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

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Indispensables astronomiques

Nouveauté octobre 2013, mon livre "Les Indispensables astronomiques et astrophysiques pour tous" est sorti en poche, 9,5€ (éditions Odile Jacob, éidtion originale 2009). Comme mon premier livre (Les Indispensables mathématiques et physiques), c'est un livre de notions de base illustrées avec des exemples concrets, s'appuyant sur les mathématiques (géométrie notamment) pour l'astronomie, et sur la physique pour l'astrophysique. Je recommande vivement sa lecture.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 16:32

Les contraintes liées à la parution de mon ouvrage m’ont fait momentanément délaisser ce blog de sciences – j’y reviens, mais de manière liée à cet ouvrage. Suite à la publication sur Slate de ma tribune « Beppe Grillo et le populisme scientifique », j’ai été intrigué par le nombre (pour moi faramineux) de tweet (environ 60) et de like Facebook (environ 330) sur cet article. Et ceci m’a donné l’idée d’illustrer la notion physique de temps caractéristique, à propos de chacun de ces deux réseaux sociaux.

Grillo-tribune.JPG

 

Rappel sommaire : Le temps caractéristique est le paramètre T dans une courbe exponentielle de type P = P0 × e–t/T. Le temps T (parfois noté par la lettre grecque tau : τ) est dit caractéristique car il correspond à une décroissance significative du paramètre mesuré, P (ici il correspond à la division de P par e, soit 2,72 – si on mettait une exponentielle de type 10–t/T, ce serait une division de P par 10, soit un ordre de grandeur). Ce type de fonctions peut décrire divers phénomènes physiques : décroissance radioactive (la demi-vie radioactive est alors le temps caractéristique à un facteur Log2 près, ou avec une fonction de type 2–t/T), décharge d’un condensateur, amplitude des oscillations de relaxation d’un ressort sous contraintes,…

[ajoût suite à une remarque de lecteur : e = 2,71828... ≈ 2,72

 

Regardons ces deux nombres (60 pour Tweeter et 330 pour Facebook) à la lumière de cette notion. Ce n’est pas tellement la valeur relative de ces deux grandeurs qui nous intéresse ici (les lecteurs de Slate peuvent être plus Facebook que Twitter, par exemple), que la façon dont elles s’échelonnent dans le temps. Pour Twitter elles s’échelonnaient sur 3 jours maxi, sur Facebook sur un nombre de jours plus élevé, avec un rythme soutenu et nettement moins décroissant. Je n’ai bien évidemment pas noté jour après jour (je l’aurais fait si j’avais pensé à ce projet d’article ), mais on peut modéliser a posteriori ainsi ces deux valeurs :

 

Twitter : 40 (jour 0 = jour de publication)+ 15 (jour 1) + 5 (jour 2) + … 60

[soit une loi de décroissance exponentielle de temps caractéristique T = 1 jour : en effet 40/ 2,72 ≈ 15, et 40/ 2,72² 5]

 

Facebook : 100 (jour 0) + 72 (jour 1) + 50 (jour 2) + 36 (jour 3) + 26 (jour 4) + 19 (jour 5) + 13 (jour 6) + 7 (jour 7) + 5 (jour 8) + 3 (jour 9)… 331

[soit une loi de décroissance exponentielle de temps caractéristique T = 3 jours : en effet 100/ 2,72 36, et 100/ 2,72² 13]

 

Ceci s’explique assez intuitivement par l’utilisation de ces deux réseaux sociaux (encore une fois indépendamment des deux valeurs absolues 60 et 335) : sur Twitter, au jour 2, on se dit assez naturellement qu’il ne sert à rien de signaler une information déjà signalée pendant les deux jours précédents ; en revanche sur Facebook, s’adressant à un réseau plus distendu, moins maillé (deux personnes données ont en général plus de followers communs sur Twitter, réseau plus professionnel, que d’amis communs sur Facebook, réseau plus personnel), on aura un signalement s’étalant sur plusieurs jours.


On retrouve ce temps caractéristique aussi dans la densité d’informations : ainsi, quand je suis absent de mon ordinateur, lorsque je souhaite « reprendre le fil » (de ce que j’ai manqué), je le fais sur 1 à 2 jours sur Twitter (au-delà cela fait trop d’informations), et je peux le faire sur 3 à 5 jours sur Facebook. Il en va de même des commentaires (Facebook) ou des « répondre à » (Twitter).

 

Partagez-vous mon expérience ?

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 06:16

Lorsque vous dérapez sur le trottoir (par exemple à cause de la neige), vous levez instinctivement un bras – ce faisant vous augmentez votre moment d'inertie (somme des mr2, r étant la distance à l'axe de votre corps). Par conservation du moment cinétique JΘ' (J est le moment d'inertie et Θ' est la vitesse angulaire), votre vitesse angulaire Θ' diminue – càd votre vitesse de rotation diminue – vous êtes moins rapidement les 4 fers en l'air et avez le temps de vous rééquilibrer.


Patineuse.jpg

(Wikimedia Commons)

 

Comme quoi c'est vraiment de la gymnastique ! (c'est d'ailleurs une technique utilisée en sport – cf. la patineuse qui rapproche les bras de son corps en figure fixe de rotation, pour augmenter sa vitesse - cf. aussi le funambule avec sa longue perche entre les bras, qui augmente son moment d'inertie, ou vous-même qui écartez les bras quand vous marchez en haut d'un muret).

 

Mais n'écartez pas les bras intentionnellement quand vous glissez sur la neige, normalement c'est un réflexe !

 


Remarque : le moment d'inertie mesure la résistance à la mise en rotation d'un corps, comme sa masse (inertielle) mesure sa résistance à la mise en translation.

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Published by Alexandre Moatti - dans Gymnastique (mathé)matinale
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 08:34
Mon livre Alterscience. Postures, dogmes, idéologies sort jeudi prochain 17 janvier en librairie (330 pages, 23,90€)
CouvertureDef.JPG
En voici le sommaire (PDF) et ci-dessous la 4e de couverture.
 
4°Couverture
(page éditions Odile Jacob)

  Quelques recensions/ émissions autour de l'ouvrage :
  • – Le Monde, 2 pages cahier Sciences & Techno, David Larousserie, samedi 19 janvier "L'alterscience n'est pas un humanisme" (lien)
  • – émission La Tête au Carré (France-Inter, M. Vidard), vendredi 25 janvier (lien)
  • – Libération, supplément Next, samedi 2 février
  • – Libération, "En haut de la pile", article Sylvestre Huet, p.39, vendredi 8 février : "L'alterscience, le pseudo d'une anti-science" (lien) (et plus longuement sur son blog)
  • – émission Dans quel éta-gère (France 2, M. Atlan), lundi 11 février (lien)
  • – émission On va Tous y passer (France-Inter, F. Lopez), mardi 12 février (lien)
  • magazine Sciences Humaines, mars 2013, Nicolas Journet (lien)
  • Les Échos, "Le livre du jour", 20 février (lien)
  • – magazine Québec Sciences, mars 2013, Raymond Lemieux (lien)
  • Science & Avenir, éditorial D.Leglu et recension A. Khalatbari, n°793, mars 2013, et interview filmée en ligne.
  • Ouest-France, sélection d'ouvrages, 24 février 2013.
  • Le Nouvel Observateur, entretien avec Fabien Gruhier, 14 mars 2013.
  • Pour la Science, recension Ph. Boulanger, avril 2013.
  • Le Figaro, Bibliothèque des essais, Caroline de Malet, 26 avril 2013.
  • mensuel Ciel & Espace, recension D. Fossé, mention 4*, n°516, mai 2013 + entretien 3 pages.
  • - revue Découverte (Palais de la Découverte), recension de Kamil Fadel, n° 386, mai-juin 2013.
  • mensuel La Recherche, n°476, juin 2013, "L'entretien du mois", p. 76-79, itw avec D. Delbecq.
  • revue Études, juillet 2013, n°419/1, recension F. Euvé (en ligne)
  • revue Le Courrier de l'environnement de l'INRA, août 2013, n°63, p. 158-160, recension J.-L. Pujol
  • revue Quadrature, n°90, oct-déc 2013.
  • L'Humanité,21 octobre 2013, page de S. Rabourdin, "Scientifiques en marge, marges de la science"
  • revue de l'AFIS, Science et Pseudo-Sciences, Philippe Le Vigouroux, oct. 2013 (en ligne)
  • La Jaune et la Rouge,n°689, nov. 2013, recension de L Billes-Garabedian (en ligne)
  • Revue politique et parlementaire, recension de Katia Salamé-Hardy, janv. 2014 (en ligne)
  • Revue Hôpital et Territoire, recension de Dominique Mathis, déc. 2014 (en ligne)

 

Sur Internet :

  • – Site science.gouv.fr, 28 janvier (lien)
  • – Blog Laurent Brasier, journaliste, 7 février (recension détaillée)
  • – Mention in éditorial Revue des deux Mondes, Michel Crépu, 4 mars (lien)
  • – Blog Livres-et-Lectures.net, 3 mai (lien)
  • Blog Jean-Claude Bregliano, professeur des universités, mars 2013 (lien)
  • Recension Jacques Cazenove, Observatoire astronomique de Narbonne, fév. 2013 (lien)
  • Recension Sabine Rabourdin (Lyon I), blog L'indécise (hypotheses.org), sept. 2013 (lien)

 

(PDF de la plupart de ces articles, 4,75MO)

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Published by Alexandre Moatti - dans Science & société - science
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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 19:47

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous quelques photos de dessins d'enfants que j'ai prises lors de l'exposition (très brève) Poincaré/ Turing à la Mairie du Ve. Ces dessins (c'est une sélection) faisaient l'objet d'une exposition organisée par la Mairie du Ve avec l'école primaire de l'Arbalète. Merci aux jeunes auteurs de ces dessins et à leurs instituteurs-trices.

Dessin-Enfant-Poincare-Villani.JPG

Cédric Villani et son araignée, Poincaré, Galois en médaillon


Pascaline


La pascaline (1645), machine à calculer de Pascal (voir aussi BibNum) 


Turing.JPG
Alan Turing (1912-1954).  

Il est né l'année de la mort de Poincaré (1854-1912), et mort cent ans après sa naissance. D'où l'idée de cette exposition-miroir : les mathématiciens aiment bien ces jeux de dates.

 


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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 05:42

Un peu de gymnastique mathématinale même le samedi, ça ne fait pas de mal.

 

Prenez une feuille de papier A4, 21 (cm) × 29,7 (cm) dans le sens normal d’écriture. Retournez-la dans le sens de la largeur (format dit à l’italienne) – mettez-en une autre au-dessus (au-dessus, pas par-dessus) : vous obtenez du A3 =  29,7 × 42.

 

Et ainsi de suite. Ce sont deux suites Ln (longueur) et l n (largeur) avec deux caractéristiques amusantes :

-       Papier rotatif : la longueur de l’un devient la largeur du suivant (Ln = l n-1) [là on va dans le sens des n décroissants]

-       Papier proportionné : longueur et largeur sont toujours dans le même rapport Ln = √2 ln [ce rapport n’est pas le nombre d’or !]

 

Les suites sont aussi définies par leurs conditions initiales : le format A0 fait 1m² (pas mal pour une feuille de papier). Ce qui donne une solution unique L0 × l 0 = 1 soit l 02 × √2 = 1, d‘où l’on tire l 0 = 84,1 (cm) et L0 = 118,9 (cm)

 

On récapitule dans le sens croissant [aux arrondis près, mais faites les opérations vous-même avec votre calculatrice] :

84,1 ×118,9 = format A0

84,1/√2 × 84,1 = 59,5 × 84,1 = format A1

59,5/√2 × 59,5 = 84,1/2 × 59,5 = 42 × 59,5 = format A2 (type poster)

42/√2 × 42 = 29,7 × 42 = format A3

29,7/√2 × 29,7 = 42/2 × 59,5 = 21 × 29,7 = format A4

 

Et ainsi de suite, là aussi, jusqu'aux formats de type carte de visite, et vers... l'infiniment petit.

  Formats-papier.pngWikimédia auteur: Sven

 

La gymnastique, c'était de tourner les feuilles de papier (gymnastique réelle), et de visualier ces rotations (gymnastique mentale). Au fait, muni des éléments qui précèdent, sauriez-vous calculer le rapport de surfaces de deux formats successifs ?

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 14:07

Après le premier en début d'année 2011, le second ouvrage issu de BibNum est paru en octobre 2012 aux éditions Cassini : Regards sur les textes fondateurs de la science - tome 2, physique de la lumière - Radioactivité.

Couverture-Regards.jpg

 

 


( texte de la 4° de couverture ci-après)

 

Römer montrant que la vitesse de la lumière est finie (1676), Fresnel donnant la théorie de la diffraction (1815-1818), Röntgen exposant sa découverte des rayons X (1895), Irène et Frédéric Joliot-Curie celle de la radioactivité artificielle (1934)… C’est un retour aux sources que propose cet ouvrage, dans lequel une douzaine de textes fondateurs de la science sont présentés et expliqués par des scientifiques actuels.

Comme dans la visite guidée d’un site historique, on signale au lecteur les points d’intérêt des écrits de Newton, Becquerel ou Rutherford, on lui apporte des éclaircissements, on replace ces écrits dans le contexte de leur époque, on les réexamine aussi à la lumière des progrès ultérieurs de la science.

 La première partie, Physique de la lumière, va de 1672 à 1907 ; la deuxième partie, Radioactivité, démarre à peu près là où la première finit, en 1895, et retrace les débuts de la physique nucléaire. Le présent volume fait suite au volume 1, consacré aux mathématiques. Ils visent tous deux à présenter une histoire des sciences accessible et mise en perspective avec les connaissances, la pédagogie et la culture scientifique actuelles.


L’ouvrage se compose de deux parties, avec les auteurs suivants :

  • Alexandre Moatti, Introduction 

Première partie, Physique de la Lumière

  • Francis Beaubois, “Rømer et la vitesse de la lumière”
  • Claude Guthmann, “Newton et la naissance de la théorie des couleurs”
  • Riad Haidar, “Thomas Young et la théorie ondulatoire de la lumière”
  • Jean-Louis Basdevant, “Le mémoire de Fresnel sur la diffraction de la lumière”
  • James Lequeux, “Les expériences d’Arago sur la vitesse de la lumière”
  • Jean-Jacques Samueli , “Foucault et la mesure de la vitesse de la lumière dans l’eau et dans l’air”
  • Jeanne Crassous, “Fresnel vu par les chimistes : la biréfringence circulaire dans les milieux optiquement actifs”
  • Vincent Guigueno, “Les lentilles à échelons de Fresnel”
  • Jean-Jacques Samueli & Alexandre Moatti, “L’entraînement partiel de l’éther et la relativité restreinte”

Deuxième partie, Radioactivité

  • Jean-Jacques Samueli, “La découverte des rayons X par Röntgen”
  • Jean-Louis Basdevant, “Henri Becquerel : découverte de la radioactivité 
  • Pierre Radvanyi, “Ernest Rutherford : la transformation radioactive”
  • Pierre Radvanyi, “La découverte de la radioactivité artificielle”

L’ouvrage comprend en annexe quelques textes d’origine, parmi les plus courts : Rømer 1676, Fresnel 1815, von Laue 1907;  Becquerel 1896, Joliot 1935.


Prix du livre : 10€ (disponible en commande chez votre libraire, en rayon des  librairies scientifiques, en ligne chez Amazon, FNAC, Sauramps, Mollat, Chapitre, Decitre, 249 pages)

 

 

Public visé : étudiants en sciences ou en histoire des sciences, professeurs du 2e cycle du secondaire ou professeurs du supérieur, amateurs d'histoire des sciences. Niveau mathématique Terminale scientifique.


 

  Recensions :

  • Le Monde, cahier Science&Techno 26 octobre 2012 (lien)
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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 04:56

On continue la gymnastique mathématinale - exercice III. Après le premier, le second, je crée une catégorie (un billet de blog, çà va, trois billets : bonjour les dégâts, vite créons une catégorie, dirait un geek wikipédien).

Il y a quelque chose qui ne va pas dans le panneau ci-dessous — c'est presque une insulte à l'intelligence de ceux qui le lisent. Le Sénat est coutumier du fait : à croire que politique (ou botanique pour les conservateurs du Jardin) ne fait pas bon ménage avec logique. À moins que ce soit fait exprès, car cela a bien des avantages.

Durée de l'exercice de gymnastique : 3 s.

Gymnastique-3.JPG

(j'ai vu ce pannonceau en courant autour du Jardin du Luxembourg, preuve à nouveau que la gymnastique matinale peut — doit ? — s'accompagner d'une gymnastique mathématinale) 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 22:01

Voici mon 2e billet de gymnastique (mathé)matinale (le premier).

 

Je prends un cours de musique tous les quinze jours depuis la rentrée, à 45€ l'heure. Le professeur, malin, me dit lors du 2e cours : Au fait, pour une heure et demie je prends 60€. Pourquoi ai-je l'impression, sur le coup, que c'est super-intéressant financièrement ? Pourquoi, à la réflexion, me dis-je que ce n'est pas si intéressant que cela en a l'air ?

 

 
 

Piano.svg

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:49

Depuis mes deux jours à Fécamp (billet précédent), je continue mon investigation sur les éoliennes – certains commentaires allaient un peu loin, mais d’autres étaient fort intéressants techniquement. Voici les questions que je me suis posées et que je vous fais partager, avec quelques URLs de vérification. Notamment : quelle est la puissance effectivement mobilisée annuellement en MWh d’une éolienne (et non sa puissance nominale en MW) ? en quoi un projet éolien maritime se distingue-t-il d’une réalisation éolienne terrestre ?

 

Prenons l’exemple concret de Fécamp (un site terrestre existant, cf. ma photo + un site marin à venir, parmi les 4-5 sites de l’appel d’offres). Voici une fiche sommaire des 5 éoliennes terrestres de Fécamp (site Windpower): la puissance nominale de chaque éolienne est de 1 MW, donc au total 5 MW ; la production délivrée (si l’on en croit Windpower) est de 11 GWh annuels – c'est-à-dire qu’elles fonctionnent au nominal en équivalent 2200 heures annuelles (rendement effectif de 25% puisqu’une année comporte 8760 heures).

 

Le projet maritime est prévu avec des éoliennes beaucoup plus puissantes : 6MW – on peut prévoir un rendement meilleur (dû non à la puissance mais à la situation en mer), d’environ 40 à 45%. Les chiffres de rendement proviennent à la fois du commentaire de qivitoq sur mon précédent billet (nous l’en remercions), de la référence Wikipédia [en] qu’il donne et d’une source de haut niveau chez EDF-EN. Ce parc maritime fournira donc 6 * 83 éoliennes * 8760 * 0,45 = 1963 GWh.

 

Je fais la comparaison avec Cattenom (bien que cela déplaise à certains de mes commentateurs virulents – alors que justement je connais peu l’éolien et essaie de comprendre) : la centrale a une puissance nominale de 5200 MW et une production effective de 35 TWh, soit un rendement de 77% (ce qui recoupe les chiffres de rendement du nucléaire, de l’ordre de 80%). Au passage je réactualise mon chiffre précédent, en faveur du nucléaire : Cattenom équivaut à 18 champs maritimes type Fécamp, soit environ 1500 éoliennes dernier cri (et non 10 et 870 comme j’avais précédemment écrit).

Panneaux

Du point de l'information publique, je suis étonné que les panneaux (plage de Fécamp, photo) ne mentionnent que la puissance installée (MW), et non la puissance produite annuellement (MWh). Je lis « le parc de Fécamp avec une puissance de 498 MW permettra d’approvisionner l’équivalent de 10% de la consommation annuelle de la Haute-Normandie (ou 750 000 habitants) ». Si l’on doit appliquer le taux de rendement, ce pourcentage tombe à 4,5%. Par ailleurs la référence aux habitants m’inquiète : s’agirait-il uniquement de la consommation domestique, sans prendre en compte la consommation industrielle ? Je n’ai pas réponse à cette question.

 

Du point de vue scientifique et technique, j’ai essayé de comprendre pourquoi ce rendement de 25 à 45% dans l’éolien. C’est lié à « la courbe de puissance » - voir le remarquable WikiEolienne (rien à voir avec Wikipédia) :

courbe puissance eolienne

On doit donner une puissance nominale à vitesse de vent donnée : sur cette courbe, cette éolienne a une puissance nominale de 750 kW à vitesse de vent de 15 m/s. On voit se dessiner sur cette courbe les raisons du rendement de 25 à 45% :

1°) de 0 à 5 m/s l’éolienne ne se déclenche pas : le vent est trop faible pour mouvoir les éléments (pales de 25 à 70 mètres, mais aussi rotor, etc.)

2°) de 5 à 15 m/s elle tourne mais pas à puissance nominale.

3°) de 15 à 25 m/s elle fonctionne à puissance nominale.

4°) au-dessus de 25 m/s on doit arrêter l’éolienne le vent étant trop violent.

Donc quand on parle (chiffre ci-dessus) de 2200 heures annuelles (soit 25% de l’année), cela ne signifie pas qu’elle tourne un quart du temps : elle fonctionne plus que cela – c’est un « équivalent 2200 heures ».

 

Quelques éléments techniques intéressants encore. L’éolienne terrestre (Fécamp) a un diamètre de 52 mètres. L’éolienne marine (Fécamp) aura un diamètre de 160 mètres. Le site Portail-Eolien donne une loi empirique légérement au-dessus du carré du diamètre. Cela recoupe à peu près les chiffres ci-dessus (1MW pour 50 mètres, 6MW pour 150 mètres).

 

D’autres chiffres de comparaison entre les deux parcs méritent investigation : distance moyenne entre éoliennes environ 4 fois le diamètre en terrestre (soit 200 mètres – j’aurais dit un peu moins sur la falaise, mais les distances sont toujours difficiles à évaluer à l’œil nu) et environ 4 à 8 fois le diamètre en marin – l’information en plage de Fécamp parle de distance inter-éoliennes de 1km (chiffre recoupé par un document de la Commission du débat public : toutes les distances inter-éoliennes des parcs marins sont entre 800 et 1000 m). Pourquoi cette différence ? C’est dû à la prise de vent et à « l’effet de sillage » - comme un voilier qui prend le vent à un autre dans une course. Aussi : le terrestre est généralement en une dimension (un linéaire sur une ligne de crête), alors que la marin est en deux dimensions (un carré). Peut-être un autre billet à prévoir, car l’éolienne recèle plein de sujets passionnants de mécanique des fluides : extrados, portance, etc.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 07:12

Qu'il y ait un son de mâtines dans mathématiques ne m'avait jamais frappé... Qui dit matinal (certains disent matutinal pour faire lettré) dit... gymnastique matinale. Et justement, pourquoi pas un peu de gymnastique mathématinale : réfléchir mentalement pendant qu'on fait ses abdos ? Où est le blog qui proposerait un exercice de gym-math chaque matin ? Je ne m'y engage pas mais vous donne un petit exercice mental en ce matin de rentrée :

 

Classez entre 0 et 1 les fractions de type p/q , avec p < q et q < 10 par exemple, càd toutes les fractions 1/9, 2/9, etc, 1/8, etc., 1/7, 2/7, etc. D'abord commencer à se demander combien il y en a à classer.

NB : ceux qui ne veulent pas commencer avec q inférieur ou égal à 9 peuvent commencer avec q inférieur ou égal à 5...

 

Gymnastics_brokenchopstick.jpg

Image WikiCommons auteur brokenchopstick (çà ne s'invente pas)

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Alterscience (janvier 2013)

Mon livre Alterscience. Postures, dogmes, idéologies (janvier 2013) détails.


CouvertureDéf


Récréations mathéphysiques

RécréationsMathéphysiques

Mon dernier ouvrage est sorti le 14 octobre 2010 : Récréations mathéphysiques (éditions Le Pommier) (détails sur ce blog)

Einstein, un siècle contre lui

J'ai aussi un thème de recherche, l'alterscience, faisant l'objet d'un cours que j'ai professé à l'EHESS en 2008-2009 et 2009-2010. Il était en partie fondé sur mon second livre, "Einstein, un siècle contre lui", Odile Jacob, octobre 2007, livre d'histoire des sciences (voir billet sur ce blog, et notamment ses savoureux commentaires).

Einstein, un siècle contre lui