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CouvPocheIndispensables
J'ai créé ce blog lors de la sortie de mon livre "Les Indispensables mathématiques et physiques pour tous", Odile Jacob, avril 2006 ; livre republié en poche en octobre 2011 (achat en ligne) (sommaire du livre).
Je développe dans ce blog des notions de mathématiques et de physique à destination du plus large public possible, en essayant de susciter questions et discussion: n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

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Indispensables astronomiques

Nouveauté octobre 2013, mon livre "Les Indispensables astronomiques et astrophysiques pour tous" est sorti en poche, 9,5€ (éditions Odile Jacob, éidtion originale 2009). Comme mon premier livre (Les Indispensables mathématiques et physiques), c'est un livre de notions de base illustrées avec des exemples concrets, s'appuyant sur les mathématiques (géométrie notamment) pour l'astronomie, et sur la physique pour l'astrophysique. Je recommande vivement sa lecture.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 12:44

  (transcription d’une chronique faite sur Radio-Aligre, émission Recherche en cours de J.M. Galan, vendredi 25 février 2012)

 

Que penser de l’exposition de la Fondation Cartier « Mathématiques, un dépaysement soudain », à la Fondation Cartier jusqu’au dimanche 18 mars 2012 ?

 

Il y a plusieurs regards possibles, positifs ou négatifs, sur cette exposition – comme il y a plusieurs niveaux possibles d’adhésion au projet.

 

Un premier niveau, l’enthousiasme béat, du style : « C’est bien que la Fondation Cartier s’intéresse aux maths, qu’elle essaie de faire un pont entre science et culture – elle est fortement légitime, côté culture, pour ce faire ».

 

Un deuxième niveau, la critique radicale, du style : « C’est incompréhensible, même pour des amateurs de maths. C’est une élite culturelle et scientifique qui s’est fait plaisir ».

 

Curieusement, c’est plutôt le monde culturel qui est du premier avis ci-dessus (tout en ne comprenant rien à l’exposition) ; et le monde de la vulgarisation scientifique qui est du second avis.

 

Mais là où cela se complique, c’est qu’on peut très bien avoir les deux avis à la fois (c’est un peu mon cas) – on est bien dans un monde mathématique, à la Gödel, où une proposition G et sa négation (nonG) peuvent être vraies toutes deux.

 

Essayons alors d’explorer quelques opinions intermédiaires, entre G et (nonG), entre premier et second avis. Pour cela, nous avons besoin de passer du global au local, de la variété dans son ensemble (l’exposition) à chacun de ses voisinages (chaque « attraction » – car c’est bien de cela qu’il s’agit, il y a en tout une dizaine d’attractions).

 BiblioLynch.jpg

Bibliothèque Gromov - Lynch (© Fondation Cartier - Olivier Ouadah)

En entrant à gauche, dans la pièce-phare du lieu, ouverte avec ses vitrages sur le jardin, l’endroit principal pour chacune des expositions de la Fondation, figure là, complètement fermée sur elle-même, la bibliothèque de textes scientifiques choisis par Gromov et mis en scène par David Lynch. Ma première impression : il fait froid, c’est fermé sans aucune vue sur le jardin, on est debout,… Je ne reste pas trois minutes. Revenant sur mes pas, je décide de m’accrocher et y passe les quarante minutes du diaporama – un choix de textes saisissants sur la démarche scientifique, d’Euclide à Poincaré en passant par Feynman ou Pascal.

 

Un autre choc en deux temps : la fresque consacrée en bas à Poincaré (2012 est le centenaire de sa mort). Là aussi, même première réaction : trop fouillis, incompréhensible. Mais on s’accroche – et en deuxième approche cette fresque est vraiment remarquable, entre physique, mécanique, mathématiques, philosophie d’une part, inspirateurs de Poincaré comme ses successeurs, jusqu’aux travaux les plus actuels.

Frise-Poincare.jpg

Frise Poincaré  (© Fondation Cartier - Pierre-Yves Dynasquet)

À travers ces deux exemples, j’essaie de vous montrer qu’il est nécessaire de « s’accrocher », ou plutôt d’adapter son esprit à comprendre, le rendre disponible, le "tuner" sur la bonne fréquence. C’est bien cela le propre de la démarche scientifique et du raisonnement mathématique lui-même : il faut entrer dedans, puis se laisser porter par son intuition ou sa compréhension. Et c’est peut-être un des succès (imprévu, la fameuse sérendipité ?) de cette exposition que de « forcer » le visiteur à la démarche scientifique.

 

Alors bien sûr, il y a des choses plus gratuites qui ne suscitent pas cette salutaire mise en conditions : la sculpture métallique en bas, pseudosphère avec juste une équation (non expliquée – une formule brute) cachée sur la droite à l’entrée. Ou les robots en haut à droite, qui m’ont peu fait saliver du liquide encéphalique.

Robots.jpgLes robots (© Fondation Cartier - Olivier Ouadah)

 

Finalement, tout le monde a raison – j’essaie d’être consensuel ! Tel prof de maths qui écrit sur Internet qu’il n’y emmènera pas ses classes, telle auditrice du colloque qui juge l’expo « si belle et si froide », ou C. Villani qui dit au colloque de « debriefing » de l’expo à l’UNESCO [la démarche d’un colloque de bilan était assez exemplaire, et ce n’est pas la langue de bois ni l’autocongratulation qui a régné lors de ce colloque], de manière sans doute exagérée, que « toute exposition de maths à l’avenir devra se positionner par rapport à l’expo Cartier » ! Oui, tout le monde a raison. On est dans un monde gödelien.

 

Alors, allez-y, jusqu’au 18 mars. Pour vous faire votre opinion (à supposer que ce soit possible !). Et surtout pour essayer de ressentir ce moment où votre esprit se met à la même fréquence que le concepteur de l’œuvre : exactement le même sentiment qu’on a pu connaître quand plus jeune (ou non), on a eu affaire à de belles démonstrations mathématiques. Et c’est bien un des mérites de l’expo que faire revivre cette extase-là. À cet égard, Jean-Michel Albérola, un des artistes de l’expo, l’a sans doute bien résumée : l’expo est talmudique – la réponse à la question qu’elle pose est l’expo elle-même. Elle est sa propre réponse à la question qu’elle pose. Gödelien, vous dis-je.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:25

Paris VI°, près d’un grand lycée, des feuilles volantes scotchées sur des arbres. Un seul message : MATHÉMATIQUES (en gros) par un étudiant de l’ESSEC (en petit) avec un numéro de téléphone portable. Ces feuilles volantes ne sont pas restées longtemps. Le message était fort d’une association entre mathématiques et petits cours – un peu comme si les maths c’était cela, et uniquement cela ? Çà m’a frappé, en écho à ma tribune sur les travers pris par la sélection par les mathématiques.  CoursSciencesAugusteComte.jpg

PS: Ironie du sort, ou clin d’œil de l’histoire : cet affichage sauvage c’était rue Auguste Comte (près du lycée Montaigne). Quand on sait qu’Auguste Comte, qui a fondé (avec certains excès) une grande œuvre philosophique, la philosophie positive, a par ailleurs gagné sa vie en galérant comme répétiteur de mathématiques dans des institutions de préparation au concours de Polytechnique (cours Laville par exemple), cela ne manque pas de sel.

 

 

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 09:44

cÀ l'occasion du 25° anniversaire de la disparition de Georges Besse (1927-1986), la société savante que je préside, la Société des amis de la bibliothèque et de l'histoire de l'École polytechnique, a fait paraître le numéro 49 de son Bulletin en hommage à Besse (bulletin coordonné par C. Marbach). Nous préparons un débat le lundi 14 novembre au soir à l'École des mines sur le même propos.

  georges-besse 9

J'ai proposé avec Pierre Couveinhes, rédacteur en chef des Annales des Mines (qui ont repris le même contenu dans leur numéro d'août de Réalités Industrielles), une tribune publiée dans Les Échos de ce jour (ici).

 

Cette tribune concerne les rapports entre science et société - c'est pour cela que j'en parle dans ce blog. L'idée est de réfléchir, de manière brève comme ce format presse l'exige : 1°) la sélection par la science n'est-elle pas plus démocratique que les sélections de type SciencesPo qui se mettent en place dès la terminale à présent ? ; 2°) sur le management des entreprises par l'aspect industriel et non financier, dans la tradition d'une France d'ingénieurs issu d'un saint-simonisme scientifique et social ; 3°) sur les idéologies violemment anti-science et anti-technologie qu'on trouve dans diverses mouvements (certains altermondialistes notamment).

 

Le dernier paragraphe de cette tribune (non repris par Les Echos) faisait le lien entre les trois sujets de la manière qui suit:

 

 

Finalement, les enseignements à tirer de l’analyse du parcours de Georges Besse paraissent, selon le côté où l’on se place, soit éloignés de vingt-cinq années-lumière et totalement hors contexte de nos jours, soit d’une singulière actualité grâce au fil directeur qui les relie : le rapport de nos sociétés avec la science et la technique et, osons le mot, avec le progrès – tel qu’il était compris à l’origine, et tel qu’on peut le voir encore, c'est-à-dire le progrès humain.

 

Tous commentaires, même divergents, appréciés ci-dessous.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 12:55

J'ai soutenu lundi dernier 3 octobre 2011 une thèse (École doctorale d’histoire, Paris I-Sorbonne) sur : "Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843) : un mathématicien, théoricien de la mécanique appliquée". Le jury et le résumé de la thèse figurent ci-après. Je mets une des dernières versions de cette thèse en téléchargement (ici, PDF 6,4 Mo) (ajoût du 26 novembre : j'ai aussi mis la thèse sur le serveur national de thèses TEL)


Le personnage m’avait intéressé (et m’intéresse toujours) parce que son nom est universellement connu (force de Coriolis), alors que sa vie et son œuvre le sont nettement moins. Il est aussi représentatif d’une époque passionnante, « l’âge d’or » de la science française, entre 1800 et 1850, avec notamment ces premiers polytechniciens dont Coriolis.

 Gustave_coriolis.jpg

 

Je mets aussi la dernière main à un article sur BibNum analysant les deux articles de 1831 & 1835 de Coriolis sur le mouvement relatif (force d'entraînement et force de Coriolis), extrait et adapté de ma thèse.

 

J'aime bien  la phrase d'Erik Orsenna dans un de ses romans (Portait du Gulf Stream, Seuil 2005):

Rien n’indique que notre Gaspard Gustave ait jamais mis le pied sur un bateau ni qu’il se soit jamais intéressé à la mer. Le fait est là : pour les siècles des siècles, Coriolis est celui qui a expliqué l’influence de la rotation de la Terre sur le parcours des vents et des courants. 


Composition du jury :

- Bruno Belhoste, professeur, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

- Gérard Jorland, directeur d’études à l’EHESS (rapporteur & président du jury).

- Olivier Darrigol, REHSEIS Université Paris VII Denis Diderot, directeur de recherche au CNRS (rapporteur).

- Antoine Picon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, chercheur au LATTS (École des ponts ParisTech), professeur à la Harvard School of Design.

- Norbert Verdier, docteur en histoire des sciences, chercheur au GHDSO Paris XI.

 


Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843) : un mathématicien, théoricien de la mécanique appliquée

 

- Thèse de doctorat en histoire (spécialité histoire des sciences) -

 

Cette thèse à caractère biographique est une étude de la carrière et de l’œuvre scientifiques de Gaspard-Gustave de Coriolis (1792-1843), polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées, dont le nom est universellement connu (force de Coriolis), mais dont le parcours et l’œuvre multiforme sont peu connus. Le fait que Coriolis fasse l’intégralité de sa carrière comme enseignant, puis directeur des études à l’École polytechnique, et que par ailleurs il participe à l’évolution de l’École et du Corps des ponts et chaussées à partir de 1830, nous donne un éclairage intéressant sur ces institutions (notamment grâce à la correspondance privée de Coriolis de 1838 à sa mort). Concernant son œuvre scientifique, sont rappelés ses apports de mathématicien. Son œuvre se caractérise principalement, toutefois, par une approche avant tout mathématique et théorique de la mécanique appliquée aux machines – il établit les fondements d’une théorie du travail. Cette approche et les résultats importants qui peuvent être attribués à ce savant, comme la définition physique du travail, les forces d’entraînement ou les forces centrifuges composées (forces de Coriolis), témoignent du lien tissé par Coriolis entre la mécanique rationnelle des géomètres et la mécanique appliquée à l’industrie naissante des machines.

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 09:26

Le titre est un peu caricatural, il y avait bien évidemment des revues à majorité d’articles en allemand ou en anglais (voir par exemple Journal de Crelle, fondé en 1826, en Allemagne).

 

Là où cela devient plus intéressant, c’est dans certains pays comme la Norvège ou la Suède – qui créant des revues devaient choisir une langue de publication. Il me semble que la revue Acta Mathematica (fondée en Suède en 1882) avait au départ des articles majoritairement en français, qui était encore vue à la fin du XIXe siècle comme la langue des sciences (celle qu’on choisissait pour que tous comprennent). Voici un indice, l’ouvrage édité par quatre maisons d’édition (Kristiania en Norvège, Paris, Londres, Leipzig) en hommage au norvégien Niels Abel pour le centenaire de sa naissance (1902) :

Abel-livre.jpg

 

Un autre indice sur lequel je suis tombé cette même semaine est la langue des congrès Solvay de physique ou de chimie, qui se tiennent à Bruxelles. Le français semble en être la langue officielle jusqu’en 1961-1962 (voir WP engl.) ; en revanche en 1964, c’est l’anglais qui semble en être la langue officielle. J’ai été étonné que ce fût si tard.

 

Je suis preneur en commentaires d’éléments sur le sujet : publications (toutes époques) montrant que le français est reconnu comme langue internationale en science, bibliographie sur le sujet le cas échéant,…

 

(article publié aussi sur mon blog Bibliothèques numériques, et sur le blog Autour de BibNum)

 

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 22:42

Un peu de maths (entendues à France-Culture juste après l’émission à laquelle j’ai participé jeudi 3) : la somme des carrés des diagonales d’un parallélogramme quelconque est égale à la somme des carrés de ses côtés (une sorte d’extension de Pythagore). VRAI ou FAUX ? De nombreuses solutions ici : ma préférence va à la solution produit scalaire, très élégante – voir aussi la première solution, utilisant Pythagore – les solutions de type puzzle sont à mon sens trop difficiles, dans ce cas !

 

Un peu de logique (entendue au séminaire en l’honneur d’Ivor Grattan-Guinness à Paris VII) : soit la phrase « Je dis que je vais acheter cette maison ». La négation interne est « Je dis que je ne vais pas acheter cette maison ». La négation externe est « Je ne dis pas que je vais acheter cette maison ». Existe aussi la combinaison des deux.

Toujours venant du Pr. Grattan-Guinness : on ne compte pas à partir de 1, mais à partir de 0. S’adressant aux participants du colloque : « Nombre d’éléphants dans cette salle » : 0 ; « Nombre de femmes dans cette salle » : on constate qu’il n’y en a pas 0, et ensuite on commence à les dénombrer. La conception « Y a-t-il ou non tel objet présent ? » (ensemble vide ou non) précède le dénombrement. Il donne un autre exemple : les scores de football.

 

Un peu de nov’langue : en réunion d'administration de la recherche, entendu parler de l’Alliance (sans autre précision), comme si c’était un terme quasi-religieux, représentant une entité suprême, une sorte de Grand Architecte... de la recherche.

arche-alliance.JPG

Un peu d’alterscience (elle est à la science ce que la nov’langue est à la langue) : dans la suite de mon séminaire EHESS, j’ai fait deux articles, dans Sciences et Pseudo-sciences n°292 (en ligne depuis janvier ici), et dans Pour la Science de janvier 2011 ; article payant 1€ ici, je ne peux pas le mettre en ligne dans son intégralité puisque le magazine est payant, mais je recueillerai volontiers les commentaires ci-dessous sur ces deux articles.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:04

Isidore vient d’être lancé le 7 décembre par le TGE-ADONIS (Accès unifié aux données et documents numériques des sciences humaines et sociales) du CNRS.

 

D’abord qu’est-ce qu’ADONIS ? C’est un « très grand équipement » relatif aux sciences humaines et sociales – comme le LHC est un très grand équipement de la physique [NB: j'ai le plaisir de présider le conseil scientifique d'Adonis]

 

Et qu’est-ce qu’Isidore ? En tant que fils d’Adonis, qui fut aimé d’Aphrodite, ce doit être à tout le moins une belle réalisation. C'est le cas.

 250px-Aphrodite_Adonis_Louvre_MNB2109.jpg

Ce n’est pas un moteur de recherche commercial, c’est le moteur de LA recherche (insistons sur l’article) – au moins celle des sciences humaines et sociales. C'est un moteur de recherche qui est le moteur de LA recherche - j'insiste lourdement.

 

Concrètement, Isidore moissonne une grande quantité de liens émanant de nombreuses bibliothèques numériques, comme Gallica (BnF), ou Numdam le site des revues mathématiques (histoire des sciences), ,ou le site revues.org des revues en SHS, ou bien d’autres encore, comme ceux qui sont répertoriés par NUMES (de l’ABES Agence bibliographique de l’enseignement supérieur).

 

À l’inverse d’un moteur de recherche commercial, Isidore ne recherche que dans ce corpus : même s’il n’y a pas (encore) tous les résultats intéressants, la recherche n’est pas polluée par des résultats peu pertinents, comme ce peut être le cas avec un moteur de recherche commercial. L'internaute navigue avec Isidore dans un univers de ressources hautement qualifiées.

 

Un avantage des SHS (sciences humaines et sociales), auxquelles Isidore se limite, est qu’elles sont plus facilement abordables que les sciences dures par un internaute non chercheur –  il est plus facile de comprendre un article de revue de démographie, souvent en français, qu'un article de revue d'astrophysique, qui plus est en anglais.  

 

A cet égard, je pense que la vulgarisation scientifique (telle que je la pratique dans ce blog ou telle que science.gouv la pratique) forme un certain continuum avec les bibliothèques numériques  ou avec les articles de sciences humaines et sociales.

 

Sur la page d'accueil d'Isidore, vous trouverez chaque jour une discipline des SHS mise à l’honneur, avec les premiers résultats de recherche : de quoi vous intéresser d’un coup d’œil à la démographie, à la géographie, à l’histoire des sciences, etc.

 

Une intiative à suivre et un moteur à utiliser !

 isidore-logotype_normal.jpg

 

Liens :

-       L’explication et les FAQ sur Isidore.

-       L’accès au moteur lui-même (lien en toutes lettres, pour la mémorisation) : www.rechercheisidore.fr

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 16:44

Non, ce grand « mix » à la « cantine » n’était pas là pour nous faire attraper une indigestion. C’était l’événement d'hier soir à La Cantine (passage des panoramas, Paris II°), « Cultures numérique, culture scientifique, le grand mix ».

 

Les présentations données par sept projets du Web 2.0 scientifique, de 20h à 21h suivant un mode fixe (présentation de 20 diapos maxi, 20s par diapo, çà s’appelle Pecha Kucha et c’est remarquablement efficace) étaient fort intéressantes. Je ne retracerai pas les sept, disons que trois d’entre elles émanaient de la sphère privée-associative (alliance entre une société de relations Web et des associations : Knowtex, Owni et Pris(m)e de tête), deux d’entres elles de la sphère associative subventionnée (ArtScienceFactory, Sciences et Démocratie), et les deux dernières de la sphère publique (Hypothèses CNRS, Universcience.tv). Là aussi c’était, bien qu’il n’ait pas été souligné, un mix d’origines (en devoir à la maison, vous me chercherez quelle est l’intersection de trois sphères).

 

 

KnowtexKnowtex est un réseau social de la culture scientifique, une sorte de Facebook dédié à ce sujet. Il y a 1150 membres, 480 weblists, et le réseau revendique 13 500 liens. On peut s’inscrire (intuitu personae ou en tant qu’institution) soumettre des liens, avoir des contacts,… Prometteur. À suivre.

 

Owni.PNGOwniSciences (« Société, Découvertes et Culture Scientifique ») est un site d’opinions sur la science. Il a été créé le 25 octobre (c’est récent !), et voici l’adresse de ses fondateurs : « Avec C@fé des sciences et Umaps (éditeur de Knowtex), nous créons OWNISciences, un media web de discussion autour des sciences et techniques, pour porter la discussion citoyenne autour de ces sujets en mettant en valeur des contenus déjà publiés sur des blogs de sciences, des traductions et des contenus inédits ». On y trouve des articles intéressants et divers (ces deux-là viennent d’autre blogs, mais Owni les fait ainsi connaître), par exemple sur l’hégémonie d’Elsevier par Tom Roud ou sur la revue Planète (1961-1971) par Jean-Noël Lafargue. OwniSciences fait partie de la galaxie Owni (« Digital journalism : Société, pouvoirs et cultures numériques »), lui-même édité par la société de relations publiques 22 mars.

Je me pose deux questions à propos de ce site. 1°) Quelle articulation avec Le Café des sciences, lui aussi agrégateur de blogs (et dont le présent blog fait partie) ? N’y a-t-il pas double emploi ? Ou alors OwniSciences est un site d’opinions sur la science et la vulgarisation scientifique (ce qui exclut des blogs qui font de la vulgarisation comme le mien) ? Plus prosaïquement OwniSciences ne disposerait-il pas de plus de moyens que Café des sciences d’où le ralliement de Café des Sciences (a priori c’est plutôt bien que les gens travaillent ensemble ainsi) ? 2°) Owni parle des cultures numériques, tandis qu’OwniSciences parle de la culture scientifique – ainsi celle-ci resterait singulière, les autres devenant plurielles (c’est d’autant plus curieux que dans l’annonce du grand mix du 5 novembre, la culture numérique restait singulière). Intéressant, non ?

 

Les projets associatifs sont Sciences et Démocratie et ArtScienceFactory, actif depuis le plateau de Saclay : sur ce dernier site on trouvera les rushes du fim Nénette de Nicolas Philibert (ici) ; sur Sciences et Démocratie je serais plus dubitatif à propos de tels articles, très révélateurs d’une méfiance déplacée.

 

Nous terminerons par les projets publics.

 

Universcience.PNGUniverscience.tv est une remarquable réussite d’universcience (cette alliance de la CSI et du Palais de la Découverte – un nom qui fleure bon la dématérialisation totale sur Internet, avec sa minuscule initiale – un univers qui est partout et nulle part). Quatorze chaînes avec une émission par semaine, depuis début 2010 un stock de 900 vidéos à télécharger gratuitement en VoD. Cela manquait au Web scientifique francophone, et si j’en avais eu les moyens, je l’aurais fait !  Son promoteur Alain Labouze, de formation originale (médecin et journaliste scientifique) a répondu sans faux-fuyants à une question de la salle : le budget universcience.tv c’est 10 personnes en ETP (équivalent temps plein) et 660 k€ depuis le début de l’année. Sûr que çà dépasse de loin la somme des budgets de tous les autres projets réunis, mais le résultat est là.

 

 

logo-cleo-cleaker.gifPierre Mounier présentait hypothèses.org du CNRS (unité Cléo créée par Marin Dacos), et notamment Les Carnets de recherche. Dans le cadre des sciences humaines et sociales, au nombre de 137, ce sont des carnets d’une recherche en marche, par exemple d'une communauté de recherche donnée (ce peuvent être des chercheurs regroupés au sein d’un programme ANR). On pourra voir Les Carnets de la bande dessinée ou un carnet de doctorants, Polit’Bistro, ou un carnet de bibliothèque, Livres Anciens de Lyon.

 

Ce rapide tour d’horizon du Web 2.0 scientifique pourra, je pense, intéresser les lecteurs de ce blog (même si ce billet est inhabituel ici), comme assister hier à ces présentations m’a intéressé. Vos commentaires (le cas échéant réponse à mes questions) sont les bienvenus.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 16:45
Pour ceux (comme moi) que le rapport entre science et société intéresse, j'ai écrit récemment, dans le cadre de mon séminaire à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), un article qui vient d'être publié dans Responabilité & Environnement (n°57, janvier 2010), une revue des Annales des Mines.

"Quelques éléments de réflexion sur l'incertitude à travers l'histoire des sciences et des idées"
Pour lire l'article entier, allez sur HAL-SHS.

Rousseau-herboriste.PNG
En voilà un avant-goût :

L'incertitude a de tous temps accompagné les progrès de la science et de l'industrie: la peur de l'incertain est la face cachée de toute création ou innovation. Une attitude alimente l'autre : anticiper, prévoir, sont producteurs d'innovation, d'imaginaires créateurs, mais aussi de replis, de sécurisations, de « précaution » risquant en retour de tétaniser la société. On retrouve en permanence cette ambivalente vis-à-vis de la science, qui se nourrit de la science elle-même : elle prend ses racines dans certains courants philosophiques des Lumières (Rousseau) ou de l'utopie (Fourier) ; elle est aujourd'hui théorisée par des réflexions philosophiques plus radicales, comme l'hypothèse Gaïa de James Lovelock ou la Deep Ecology du norvégien Arne Naess.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 07:29

Au cours d’une réunion au ministère de la recherche, la personne présentant un projet répétait plusieurs fois, à propos de différents tags et mot-clefs sur des sites Internet, les mots magiques de plus petit commun multiple (PPCM) et de « plus grand commun multiple ». Primo, cette notion-là n’existe évidemment pas. On peut toujours trouver un multiple plus grand à deux nombres quand on en a trouvé un qui est commun ! Secundo, les choses se corsent, même l’emploi du terme « plus petit commun multiple » était erroné, puisqu’en fait le plus grand commun diviseur (PGCD) est évidemment plus petit que le PPCM. C’est Euclide qui développe ces notions dans son Livre VII.

Donc, quand on manipule ces notions en langage courant (je ne m’y risquerais pas), on doit parler de plus grand diviseur commun (ou plus grand facteur commun, pour prendre un terme moins mathématique) pour un concept sous-jacent à deux idées, et de plus petit commun multiple pour un concept englobant ces deux idées.

Pour illustrer ceci avec des lettres et non avec des chiffres (c’est une ruse) : PC est le plus grand truc (mais il est petit) pour PPCM et PGCD, et PPCMGD est le plus petit machin (mais il est grand) pour ces deux mêmes termes – on ne répète pas le C et on ne  met pas trois fois P, c’est pour cela que le plus-petit-machin-qui-en-fait-est-plus-grand-que-l’autre-truc a dans ce cas six lettres et non huit.

Au fait, à quoi est égal le produit du PPCM et du PGCD de deux nombres ? Vous pouvez répondre à cela juste avec mon petit exemple ci-dessus.



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Mon dernier ouvrage est sorti le 14 octobre 2010 : Récréations mathéphysiques (éditions Le Pommier) (détails sur ce blog)

Einstein, un siècle contre lui

J'ai aussi un thème de recherche, l'alterscience, faisant l'objet d'un cours que j'ai professé à l'EHESS en 2008-2009 et 2009-2010. Il était en partie fondé sur mon second livre, "Einstein, un siècle contre lui", Odile Jacob, octobre 2007, livre d'histoire des sciences (voir billet sur ce blog, et notamment ses savoureux commentaires).

Einstein, un siècle contre lui